l'écriture par la main

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Dans le secret de ma paume

« Dans le secret de ma paume » a été créé le 6 janvier 2009 au Théâtre du Méridien de Bruxelles.

 

Et écrit grâce à une bourse du Centre National du Livre

Edward, jeune et richissime loup de la finance internationale, décide un jour de palier lui-même au plus grand manquement de sa vie : orphelin depuis le premier jour de son existence, il ne voit pas pourquoi il n’aurait pas droit, comme tout un chacun, aux souvenirs, aux liens familiaux et aux traumatismes qui vont avec. Il engage donc un comédien au chômage – Eddy –  pour jouer le rôle de ce « père ». Habitué à diriger le monde à coup d’OPA, de pression et de millions, il va vite comprendre qu’une nouvelle vie inventée de toutes pièces, une « maman » morte, un « nouveau papa » et le comédien qui fait vivre le tout, ça ne se gère pas aussi facilement qu’il le pensait. De son côté, Eddy, tout aussi solitaire, taciturne, ne se dévoile pas beaucoup plus qu’Edward. Faisant son boulot, inventant des souvenirs communs avec ce jeune type qui aurait pu être son fils – si il en avait eu un – il finira par prendre des risques en s’impliquant un peu plus que prévu dans ce rôle. Dans un monde où tout semble pouvoir s’acheter, les valeurs essentielles de la vie peuvent effrayer deux hommes en quête d’autre chose. Comme il est difficile de grandir ; à tout âge. Bien vite, viendront les premiers couacs, les remises en questions, les moments difficiles. A force de se fréquenter, de se confronter, les deux hommes finiront par se faire grandir l’un l’autre, dans la joie, la douleur et, malgré leurs caractères bien trempés, dans une certaine bonne humeur. Il est de notoriété publique que l’on ne choisit pas sa famille. Et si cela pouvait être le cas pour certains ?

Extraits de presse

Lauréat du prix de la critique du meilleur auteur pour "A un jet de pierre de Pristina", sa pièce précédente également créée au Méridien, Philippe Beheydt signe ici un texte moins sombre mais tout aussi sensible, partagé entre humour, émotion et sens de la dérision. Sa mise en scène tire un joli parti du lieu - sa profondeur, son intimité - et y esquisse une piste : cirque, arène, plage. De rares accessoires sortis d’une valise viennent s’ajouter à deux chaises et un arbre stylisé pour évoquer, sobrement, les moments de cette relation singulière. Tissé en séquences balisées d’interludes où l’obscurité se ponctue de musique et de sons, "Dans le secret de ma paume" creuse peu à peu la rencontre de ces individus, l’un en manque de racines, de souvenirs, voire de traumas, l’autre n’ayant pas d’enfant et bien besoin de l’argent qu’il gagnera ainsi. Bien sûr ils se jaugent. Progressivement ils se dévoilent. Parfois à reculons, presque à regret. Parfois, aussi, ils se mettent au défi, dans cette aventure peu banale où le jeu et la vie se frôlent sans arrêt. Jusqu’à peut-être se mêler.

La Libre Belgique

Aucun doute, Philippe Beheydt peut continuer à brûler sa plume à la rampe du théâtre : après son excellent A un jet de pierre de Pristina la saison dernière, il a répondu à une commande du Méridien par une pièce moins noire, moins violente, mais qui recèle pas mal de gravité sous une apparente légèreté.

 

Dans le secret de ma paume a tout l'air de débuter par un duo de clowns qui débarquent valise en mains sur une musique guillerette et pratiquent un ping-pong verbal comique. De quoi planter de drôles de personnages, un vieux comédien au chômage (Eddy) qui affûte son cabotinage pour satisfaire au souhait d'un jeune homme strict (Edward), qui l'a choisi pour jouer le rôle de son père en échange d'une rémunération plantureuse. Quand on est orphelin depuis toujours et qu'on a les moyens d'un grand financier, on peut avoir ce genre d'idée…

 

Saugrenu ? Imaginez-vous sans souvenir d'enfance, sans névroses familiales, sans photos de famille… Voilà donc nos deux lascars en piste, qui s'apprivoisent, avec des bleus à l'âme, des blindages qui se craquellent, qui jouent à s'inventer une vie commune. Ça tiraille, ça grince, on s'engueule, on se pardonne. Mais entre le rôle et l'être, les frontières ne sont pas si étanches qu'on le voudrait, entre le père (sans fils) et le fils (sans père), la vraie vie fait craquer les digues, réveille le passé et se construit un futur en forme de happy end.

 

Deux formidables comédiens

On se dit que Philippe Beheydt a poussé le bouchon un peu loin, mais on ne boude nullement son plaisir, avec rires et pincements d'émotions. L'auteur touche juste et il a pour le servir deux formidables comédiens, Olivier Bony (le fils), en métamorphose savamment dosée, d'une émotion craquante, et Jean-Paul Dermont (le père), jouant avec une ambiguë perversité des ficelles de son art. Une évidente complicité relie ces deux-là dans la mise en scène dépouillée de Philippe Beheydt lui-même, sous les éclairages d'Alexandre Manzanares. La scansion des scènes par des noirs habilement sonorisés se révèle un peu trop systématique. Mais c'est là un péché véniel pour cette belle création belge de plus à l'actif du Méridien

Le Soir

Zone de Texte: Extraits de la pièce