La pénombre. Quelques ampoules en descente sur le sol…
Une longue table recouverte d’une nappe. Quatre verres y sont déposés. Beaucoup de bouteilles jonchent le sol… Certaines sont vides. Nous sommes dans une maison située vraisemblablement à la campagne. On peut imaginer le jardin, recouvert de neige…Dans le fond de la pièce, un jeune homme, une bouteille à la main, une cigarette à la bouche…
Une jeune femme s’approche lentement.
Quatre frères et sœurs : Claire – Marie – Marc et Karl, orphelins de mère depuis trois ans, se sont réunis dans le salon de la maison natale. Ils doivent prendre la décision de prolonger ou non la vie de leur père agonisant.
Après la mise à plat de leurs déchirures personnelles, ils vont refaire les chemins de leur enfance.
Doivent-ils pardonner la terrible tyrannie infligée par un père trop autoritaire à l’un d’eux ?
La faute – de quoi s’agit-il vraiment et est-ce une faute – a-t-elle été si grave pour asphyxier toute leur vie ?
Ils vont discuter tous les quatre avec de fortes oppositions entre eux.
Que s’est-il passé, il y a très longtemps ? Un drame familial qui nous sera révélé plus tard et qui nous permettra de comprendre pourquoi Karl est devenu alcoolique ! Pourquoi il souhaite la mort de son père.
Philippe Beheydt nous avait déjà étonné et conquis avec deux de ses pièces jouées précédemment au Théâtre du Méridien : « A un jet de pierre de Pristina » et « Dans le secret de ma paume ».
Une écriture moderne, un dialogue serré et percutant, des sujets intéressants et rarement traités. Une pièce forte, puissante qui n’est pas sans rappeler Bergman, Strindberg… Philippe Beheydt récidive avec sa dernière pièce «La boîte en coquillages».
Au jeune auteur dramatique qu’il est (né en 1971), il est également metteur en scène - co-scénographe et comédien de ses pièces. Et il excelle dans chacune de ces disciplines. Sa mise en scène est hors-cadre, originale, dotée d’une forte intelligence. Déjà par l’évolution de ses personnages en scène, parfois et souvent même en plan fixe - en télé ou en ciné- on dirait en arrêt caméra. Les monologues se jouent en plan arrêté avec un spot plein feu fixé sur le personnage… Ça accroche vivement !
Philippe Beheydt interprète Karl, l’un de ces quatre enfants qui a connu un problème - on peut dire tragique- avec son père. Il a commis un acte qu’il n’aurait pas dû faire…
Il est d’une vérité surprenante dans ce personnage malheureux, détruit quelque part, mal dans sa peau.
A ses côtés : Laurent Bonnet - Marc le frère aîné, Perrine Delers - Marie, la sœur et
Catherine Brutout, directrice du Théâtre Le Méridien, metteuse en scène de la plupart des spectacles programmés dans son magnifique théâtre qui a la possibilité de s’adapter aux idées et exigences du metteur en scène.
Nous ne sommes vraiment pas dans un théâtre traditionnel…
J’avoue que j’ignorais que Catherine était aussi comédienne. Un réel plaisir de la découvrir sur scène. Et elle est parfaite et très authentique dans le personnage de Claire.
« LA BOITE EN COQUILLAGES » une pièce à énigme finalement !
Un beau moment de théâtre contemporain comme nous l’offre souvent Le Méridien !
Aux noms des acteurs, je veux joindre ceux qui travaillent en coulisse : Alain Collet co-scénographe et éclairages (très particuliers), Jackye Fauconnier pour le choix des costumes Arnaud Laurens pour la création sonore (d’une magnifique discrétion mais très présente) et Guillaume Le Denmat, assistant à la mise en scène avec Philippe et training… Une très bonne équipe que tout ce monde !
Roger Simmons